Abstention : avec 22,2%, elle a été beaucoup moins forte qu’annoncé puisqu’elle n’est que 1,5% supérieure à celle de 2012, et reste loin du « record » de 2002 (28,4%).

Pas de surprises, les résultats annoncés correspondent à ce que les sondages pronostiquaient, tant au niveau des scores atteints que de l’ordre d’arrivée des candidats. Ainsi, Emmanuel Macron vire en tête du premier tour avec 24,0% et réussit son pari fou. A trente-neuf ans, sans jamais s’être présenté à aucune élection auparavant, et en menant campagne en-dehors des partis historiques, à la tête d’une formation fondée il y a à peine douze mois, il est en passe de devenir le plus jeune président de l’histoire de France. Les augures pour le second tour lui sont en effet largement favorables face à une Marine Le Pen qui certes, comme son père quinze auparavant, passe le premier tour de la présidentielle (qui plus est avec un record de voix pour l’extrême-droite), mais à la deuxième place seulement, et avec un pourcentage de suffrages nettement inférieure aux 25-30% que son camp escomptait afin d’avoir une dynamique intéressante pour le second tour. Ici, avec à peine 21,3% des votes, c’est une probable lourde défaite qui s’annonce au second tour pour la candidate FN.

 

Troisième avec 20,0% des suffrages (à 1,3% de Marine Le Pen), François Fillon échoue à accomplir la remontée-surprise qu’il annonçait depuis des semaines. Pour lui, pas de vote caché ni de retour en dernière minute de partisans que les affaires ont rebutés : celui qui était devenu le grand favori du scrutin au lendemain de sa victoire à la primaire de droite finit là où les sondages l’attendaient depuis la révélation du Penelopegate, perdant ainsi une élections que la droite jugeait voici trois mois encore comme « imperdable ». Concernant le second tour, François Fillon annonce qu’il votera à titre personnel pour Macron

Lorsqu’il prend la parole vers 22 heures, Jean-Luc Mélenchon a la voix grave et le visage renfrogné. Lui qui avait tellement cru à une qualification au second tour doit déchanter : avec 19,6% des voix, il termine quatrième du scrutin, comme en 2012 donc, mais avec 8,5 points de mieux, un bond gigantesque pour un candidat de gauche non-PS, mais qui, à nouveau, comme en 2012, lui laisse un goût amer. Pendant deux heures, le candidat de La France insoumise a voulu espérer que les grandes villes (dont les bureaux de vote fermaient plus tard) lui permettraient de renverser la situation, en vain. Au moment de s’exprimer cependant, il en appelle encore à la prudence et s’abstient de donner dès ce soir une consigne de vote pour le second tour, déclarant qu’il laisse les 450 000 soutiens de son mouvement le soin de se prononcer sur la conduite à adopter.

 

De son côté, Benoît Hamon sauve la seule chose qu’il pouvait encore sauver : le remboursement des frais de campagne du PS grâce à un score de 6,4% supérieur à la barre fatidique des 5%. C’est bien là la seule et unique consolation pour le candidat d’un parti qui touche le fond (son score est le plus mauvais depuis Gaston Defferre en 1969) et est profondément miné par les divisions. Concernant le second tour, Benoît Hamon a appelé sans ambages à voter en faveur d’Emmanuel Macron.

Cette barre des 5%, il s’en est fallu de peu que Nicolas Dupont-Aignan l’atteigne lui aussi (4,7%), mais il en sera pour ses frais. Le candidat de Debout la France n’en réalise pas moins un bon score personnel puisqu’il fait plus que doubler celui qu’il avait réalisé en 2012 (1,8%), contribuant vraisemblablement à ainsi pénaliser François Fillon. Concernant le second tour, Nicolas Dupont-Aignan réserve pour l’heure sa décision.

 

Pas de surprise enfin concernant les autres candidats, ils réalisent tous des scores inférieurs à 2%, le meilleur d’entre eux étant Jean Lassalle (1,2%), suivi d’un Philippe Poutou qui, malgré ses sorties remarquées lors du débat du 4 avril réalise un score semblable à celui de 2012 (1,1%). Suivent ensuite Jean Asselineau (0,9%), Nathalie Arthaud (0,6%) et Jacques Cheminade (0,2%). Concernant le second tour, Arthaud a annoncé qu’elle voterait blanc, tandis que Poutou, Lassalle, Asselineau et Cheminade n’ont pas donné de consigne de vote.

 

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